Revue n° HS 02Juin 2011

Programmation urbaine, socle d'un développemnt spatial durable maîtrisé

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Editorial

L’urbanisme, un facteur de paix sociale.

Les responsables politiques et tous les observateurs de la scène nationale sont aujourd’hui d’accord sur le constat que tous les efforts fournis par l’Etat depuis quelques années dans les projets d’infrastructures, n’arrivent pas à satisfaire le citoyen ; cela paraissait pourtant logique, tous les grands projets, notamment : l’autoroute Est-ouest, les barrages, les tramways, le métro, les aéroports, les voies de chemins de fer, les pôles universitaires, les villes nouvelles, la grande mosquée d’Alger ou de Annaba, etc. et malgré leur importance, ne représentent pas une priorité cruciale pour le simple quidam.

 

Il ne faut pas chercher l’erreur, car quand on raisonne de manière sectorielle, il n’y en a pas, c’est de la vision étriquée de la question du développement culturel et socioéconomique du pays qu’il est question ici. Le citoyen aimerait que la prise en charge de ses besoins se cristallise autour de son lieu de vie, en ville, (plus de 65% de citadins en 2008 contre 49,7% en 1987). Il est vrai que des efforts ont été faits depuis quelques années, mais c’est autant de coup d’épée dans l’eau en l’absence de stratégies claires et cohérentes inscrites dans un phasage maîtrisé. Les problèmes urbains s’exacerbent et nous donnent à tous, aujourd’hui, presque cinquante ans après l’indépendance, ce sentiment d’échec.

La question urbaine, fondement même du vivre ensemble, n’a jamais été prise en charge sérieusement par nos gouvernants, on s’est souvent trompé de priorité et on a cru que des actions ponctuelles pouvaient solutionner localement des problèmes fondamentaux et de natures structurelles.
L’ère du bricolage urbain est apparemment révolue, c’est en tout cas ce que nous révèle Monsieur Noureddine Moussa Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, qui a eu l’amabilité de répondre en toute franchise à nos questions. L’organisation des assises de l’urbanisme va dans ce même sens.

C’est une occasion unique de mettre tout à plat et reconstruire une nouvelle base de réflexion pluridisciplinaire et multisectorielle au chevet de nos villes, rongées par la prédation et les défauts de la gouvernance approximative.

Ce numéro Hors série est une contribution de chercheurs universitaires à la problématique visée par les assises. La réflexion doit être structurée, elle doit se faire par étapes. La programmation urbaine « socle d’un développement spatial durable maîtrisé » est l’une des premières étapes : Que faire ? Pourquoi ? Où ? Comment ? Avec qui ? Combien ça coute ? Et quand le faire ?

A quoi aspire le citoyen, quel projet de société veut-il réaliser ? C’est une question de débats, d’échange d’idées et d’expériences qui doit s’installer non pas seulement pour la circonstance des assises, mais au-delà, dans la durée. Des recettes miracles n’existent pas en matière d’urbanisme, surtout face à l’ampleur des dégâts occasionnés par tant d’années d’inconsistance et de laisser aller.

Le chalenge est grand, les moyens humains et financiers sont là, il ne reste que le poids et la force de la volonté politique qui déterminera la réussite ou non de toute démarche en faveur d’un développement future sain et éclairée.

Bonne lecture.

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